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TIRITIRI MATANGI,
an open sanctuary
Avant toute chose, sachez que le savant mélange des couleurs pour la police est significatif : les auteurs de ce billet alternent, se répondent et se complètent dans la plus grande alègresse....
Nous avions beaucoup entendu parler de ce sanctuaire pour la vie sauvage, en particulier pour les oiseaux. En effet, au cours de nos nombreuses discutions, et ce depuis notre arrivée, tout le monde nous disait qu’il fallait absolument se rendre sur cette île, que c’était super génial !!!
Pour moi, ça allait être une bonne expérience de « bird watcher », genre destination incontournable. Bon, on prend bonne note de cette foule de recommandations en se disant qu’en effet, ce pourrait être faire l’occase d’une bonne sortie.
Au cours du premier trimestre, Amélie entend parler d’une excursion organisée par son établissement ; on réserve donc nos places, d’autant que les tarifs sont attractifs.
Du coup, le 30 avril dernier, nous voilà donc partis pour Tiritiri Matangi. Le rendez-vous est à St Cuth’s à 8h15.
On y retrouve Alvaro, l’assistant en espagnol que je côtoie deux jours par semaine à l’école et qu’Olivier avait déjà rencontré.
ALBARO !!!
« Super » que j’me dis, j’vais pouvoir faire des « coches de la mort qui tuent » à rendre jaloux mes comparses regardeurs d’ouilleaux !!! Autant vous dire que j’en piaffais d’impatience !!!!
Juste deux ou trois infos sur l’ile sanctuaire.
Bout de cailloux de 220 ha, elle culmine à 82 mètres. Située à 4 km des côtes de la péninsule de Whangaparaoa (pas facile à lire !), l’île est située au nord du Golf d’Hauraki, sur la façade pacifique, au nord d’Auckland.
Occupée autrefois par la tribu des « Kawerau-a-Maki », il subsiste les restes d’un Pa, l’ile à été plus ou moins abandonnée suite à de sanglants conflits intertribaux.
Ça, c’était dans les années 1700.
Avec l’arrivée des européens dans les années 1850, l’ile est « mise en culture » sans interruption jusque dans les années 1970. On coupe donc les forêts, on flingue pour se distraire les bestioles endémiques survivantes, les chiens, les chats et les rats achèvent le travail.
Courant des années 70, le DOC (département de la conservation) acquière le tas de cailloux et ambitionne d’en faire un sanctuaire pour la « vie sauvage ». Deux scientifiques (un botaniste et un biologiste) sont alors chargés d’étudier les potentialités de l’île et les moyens à mettre en œuvre.
Là on joue aux apprentis sorciers, à grand renfort de « traitances », épandues en hélico. On élimine ainsi toutes les « pestes », les fourmis et les adventices. Concernant les mammifères, c’est tout aussi efficace, on reflingue ou on empoisonne. On voit bien là, la logique écolo des années 70 / 80.
En 1984 est initié un programme de reforestation de l’île. Ben oui, il ne suffit pas d’apporter un tas de piafs, il faut quand même leur filer de quoi becter et de quoi nicher.
Le boulot est supervisé par le gouvernement, mais réalisé par des volontaires, faut quand même pas déconner !!!
Le « Replanting Programme » est achevé en 1994 par une opération coup de poing, on replante 250 000 arbres.
Bush sur Tiritiri
Aujourd’hui la forêt croît naturellement et se régénère par elle-même. On y trouve plus d’une vingtaine d’espèces d’oiseaux endémiques, le plus souvent rares, la plupart ayant été introduites.
Revenons à nos moutons
Normalement, pour se rendre sur l’île en question il faut prendre le ferry à Auckland, faire une halte à Gulf Harbour, puis enfin mettre le cap sur Tiritiri. Chouette, je vais pouvoir faire un peu d’observation des oiseaux qui vivent un peu plus au large, dans les eaux de l’Hauraki Gulf. Mais là, pas de bol !
Pour limiter les vomis de ces demoiselles dus au trajet en bateau, nous ferrons le voyage en bus jusqu’à Gulf Harbour.
Donc là, ça commence mal pour moi, je suis « amputé » de presque 2h00 d’observation, je suis vert !!!
Vue du Golf d'Hauraki depuis Tiritiri, à droite Rangitoto & à gauche Waiheke Island
Mais bon, on nous en a tellement mis des pleines têtes avec cette foutue île, qu’au final, c’est pas trop grave, malgré quelques autres petits handicaps en perspectives !
Ben oui, on se rend tout de même sur les lieux avec une cargaison de plus de 50 jeunes nénettes ! Elles ont, en plus de leur nombre, de fâcheuses tendances à quoûailler aigus, pour un oui pour un non. Autant dire que ça ne facilitera pas vraiment l’observation et la quiétude !
Après une heure de bus (très calme en comparaison des transports de la sorte vécus en France, - Olivier est mauvaise langue), nous arrivons enfin à Gulf Harbour.
Là, à nouveau pas de bol !
Embarquement et vue de la marina de Gulf Harbour
Nous allons embarquer une autre cargaison de teenager, des boutonneux « dégueulasses » en plein dans « l’âge bête ». Ils viennent de Rotorua, la ville aux odeurs de caca (cf le billet sur nos vacances).
Fidèles aux clichés les plus grossiers, on a devant nous de bien belles caricatures de banlieusards maoris. Les casquettes de travers, la mini chaîne HiFi en bandoulière qui crache une mélasse mi HipHop mi reggae, les Tshirt qui sentent la sueur (et les phéromones), l’œil bovin à souhait… En deux mots, v’là le tableau !
Heureusement les paysages qu'offre la coutre traversée sont superbes
Putain de bordel de m… ça va être jouasse tiens !!! Bon, vingt minutes de traversée, l’atmosphère saturée par les hormones, c’est bien suffisant pour vous filer des envies de génocide !!! Alors quand on débarque avec Amélie, on n’ est pas dans de supers dispositions pour la suite.
On doit dev’nir des vrais vieux c… enfin, j’sais pas ?
On est tous assemblé sur le bout du quai pour le speech du ranger. Il nous fait mille recommandations, sur les poubelles, les piafs et tout le toutime, nous voilà prévenus.
Comme quand j’étais à l’école, les règles, le bla bla du mec ne m’intéressent pas le moins du monde et je mets à profit ce moment pour ratisser à grand coup de jumelle les environs. Bref je n’écoute rien.
Heureusement, Amélie, bonne élève, écoute les recommandations et les informations pour ensuite les transmettre au distrait de service.
Et puis soudain, Yes !!!!!!! Ça commence, un premier « Saddleback », piaf bien rare emblème de l’île, des perroquets et un « Gannet » qui fait le fou au dessus de nous.
Amélie et moi, nous rejoignons un groupe d’adultes pour effectuer la visite des lieux.
On va quand même pas se taper les moutards boutonneux non ?
Notre groupe est international, il y a des tchèques, une vénézuélienne, un espagnol… Notre guide est américain, à la retraite. Youpiieeee !!!!
Blabla d’introduction, tour du groupe, petite histoire du projet, notre guide est un vieux chiant. A peine audible, il ne finit jamais ses phrases et s’emmêle les crayons quand il nous parle de dates !!!
On l’avait choisi car sa ballade promettait d’être plus longue. On avait pensé amasser plus de renseignements et on faisait confiance aux connaissances collectées au fil de ses années d’observations. Ma cache ! Plus longue peut-être la ballade, mais pour parcourir seulement le quart de l’île. La vue qui baisse (fallait lui montrer les oiseaux), la mémoire qui flanche et le besoin urgent d’être appareillé genre Triffon Tournesol ou frangines Cotorep !!!
Je me permets de critiquer car nos grands-parents sont largement plus alertes au même âge !
Amélie commence de s’impatienter aussi. J’adore!
Bon, au bout d’un quart d’heure /vingt minutes, on a toujours pas décollé de la plage, c’est Omaha Beach !!!! Des groupes de mômes bruyants partent avant nous sur l’itinéraire pédagogique, bonjour l’organisation pour voir la vie sauvage !!!
Bienvenu au Disney Land de l’île conservatoire !!!
Au bout d’une grosse demi-heure, nous prenons la tangente, le vieux nous gonfle vraiment, on est sur une autoroute pédagogique, où, faute de piaf (tu m’étonnes ?), on nous parle de botanique. Les plantouzes ça va cinq minutes, mais au choppe vite une indigestion. Un autre couple fait de même et Alvaro regrettera de ne pas l’avoir fait, pour vous dire qu’on n’exagère qu’à peine.
Nous voilà donc partis tous les deux, pour une exploration plus personnelle du tas de cailloux, à la recherche de ce qui fait sa renommée, les zoziaux.
On retrouve la tranquillité et on aperçoit enfin nos premiers piafs sympas. Une fois n’est pas coutume, c’est Amélie qui ouvre le bal avec des « tête blanche oiseau » autrement dit des « whitehead birds ». Nous déambulons comme cela pendant une paire d’heures, de la côte jusqu’au phare, sur des petits sentiers où les aménagements sont assez rares.
Nous aurons l’occasion de revoir de très très près de nouveaux « Saddleback », des Tuis… Plongée un peu plus réaliste au cœur du dit sanctuaire. Ouffff on a eu chaud !
Mais le clou du périple, c’est finalement l’arrivée au magasin de souvenir, qui est à la fois café & musée !!!
Comme d’habitude, impossible de repartir sans une carte postale, un T-shirt, une tasse décorée avec un piaf ou encore un « kiwikxme » en peluche qui fait, euhhh, des bruits bizarres !
Au milieu des tables prévues pour les pique-niques, apparaissent alors deux fossiles vivants, les deux mascottes de Tiritiri, deux monstrueux « TAKAHE » !
Les Takahes, sont des piafs hyper hyper rares, totalement menacés d’extinction. Il n’en reste plus qu’en gros 250 à 270 sur la planète, répartis sur des îles du type Tiri et dans la réserve gigantesque (partiellement fermée) de Fjordland, située dans l’extrême sud de l’île sud.
Il s’agit d’oiseaux aptères (leurs ailes sont réduites à de simples moignons emplumés), qui comme les kiwis, ont été décimés par l’homme blanc et ses animaux domestiques.
C’est très très impressionnant comme bestiole (et très moche aussi). De la taille d’une grosse poule Sussex, ça paraît assez lourdaud, mais paraît qu’y faut pas s’y fier !
Une nénette qui travaille sur place vérifie constamment que la nourriture se trouve bien au milieu des tables, car ces bestiaux sont capables de faire des bonds rapides et vigoureux pour venir vous taxer votre manger, jusque sur vos genoux, amazing !!!
Même si la vue de ces formidables oiseaux est un authentique évènement, plein d’émotion, ça m’a fait de la peine. Ils sont comme de grosses poules domestiquées. Ils suivent la fameuse nénette en question comme des petits chiens quand elle les appelle.
Elle les balade comme ça, à droite à gauche, pour que tout le monde puissent bien les voir et les photographier, c’est juste triste, c’est pathétique.
A priori, il en existerait d’autres sur l’île, un peu plus sauvages et un peu plus dans leur milieu « naturel », mais ça fout quand même les glandes !!!
Heureusement, pour compenser, y avait d’autres bestioles au déjeuner, c’était the St Cuths béquasses, dont le cri d’alerte aigu est facilement reconnaissable lorsque ces volatiles en shorts s’effraient à l’approche du Takahe.
Passé ce moment, j’explore les abords du centre situé juste à côté du phare. Le DOC a installé des
abreuvoirs spéciaux, où viennent une multitude d’autres oiseaux endémiques. Encore un aménagement à vocation pédagogique !
Là ce sont des
Bellbirds
Et ça marche, il y a même des chaises disposées devant pour pouvoir jouir du spectacle ! Comme ça les mémés du club (facilement confondables avec les guides) peuvent se reposer et récupérer.
Nous reprenons le chemin du retour, sans finalement avoir vu le tiers des espèces intéressantes, faute de temps. On emprunte là encore un chemin bien aménagé à grand renfort de passerelles en bois, de baignoires pour zoziaux, de panneaux pédagogiques !!!
J’apercevrai, je pense, le fameux KUKEKO, lui aussi bien menacé. Observation carrément frustrante pour moi. Je vois le piaf à contre jour, en vol, assez loin et pas plus de 4 secondes !!! Pas suffisant pour faire une vraie « coche ». Cependant, je ne pense pas m’être trompé.
Donc coche quand même, l’ornitho a des tendances pêcheurs ‘Je vous jure, cet oiseau, il était tellement gros qu’il bloquait presque l’entrée du port Harbour’.
Bon ça n’était pas complètement nul et on a tout de même vu de belles choses, mais ça laisse une drôle d’impression. On a du mal à déterminer ce qui prime le plus, la conservation des espèces menacées, ou le business et la thune ? Nos avis sont partagés.
Concernant le côté génial de l’affaire, ou l’enthousiasme des personnes qui nous en avaient parlé, le constat est simple.
Les gens en général, sont tellement centrés sur leurs « vies », qu’ils en oublient l’essentiel : prendre le temps de regarder autours d’eux, d’ouvrir un peu plus les yeux !
Du coup, voir de si près tant d’oiseaux différents paraît absolument inédit. Il faut dire aussi que le petit côté conso et mise en scène de l’île souligne efficacement ce sentiment.
Alors, à notre retour, quand les collègues nous demandent ‘How was Tiritiri ?’, faut bien
évidemment répondre que c’était ‘so nice’ ‘great’ et ‘qu’en plus, il a fait beau’, parce qu’autrement, elles vont croire que les français se plaignent tout le
temps !!!
Pour ma part, j’attribuerais la déception d’Olivier à sa connaissance empirique, son expérience en
matière d’observations, son utilisation efficace du livre Birds Of New Zealand, son exigence de perfection et aussi, un peu, à son manque
d’intransigeance.
Sans lui, j’aurais sûrement fait partie du troupeau suivant le guide, sachant à peine faire la
différence, jusqu’à récemment, entre un goéland et une mouette.
Mais se balader avec un ours mal léché n’était pas au programme de cette journée, et puis j’avais avec moi le meilleur guide qui soit !
Pourtant si on est un peu observateur, on peu voir au cœur d’Auckland, dans les jardins, dans les nombreux parcs quantité d’oiseaux, presque dans les mêmes conditions et gratos en plus !
Au moment où je rédige ce billet, chantent dans le font du jardin, à quelques mètres, une petite dizaine de Silvereyes. Se baladent aussi un ou deux Fantails, tous endémiques et protégés !!!
Pour plus d’infos si l’anglais vous tente, j’ai déniché quelques sites intéressants sur les oiseaux et leurs conservations en NZ
N’hésitez pas non plus à faire un tour pour voir l’album photo, les plus belles ne sont pas sur l'article, jugez plus tôt !!!
Apoilement vôtre Oli DO
Législativement vôtre, Am Endement
'Originaire du Morvan, Olivier saura vous montrer pourquoi il aime tant son Pays. Voici un jeune homme qui comme les plus âgés vous livrera ces histoires et ces anecdotes qui font le tour des bourgades, il vous comptera l’histoire des morvandiaux, il vous baladera au son de sa cornemuse ? Mais revenons plutôt à la pêche ? ! Spécialiste de la truite sur les ruisseaux du Morvan, Olivier est également un fan de la pêche des carnassiers sur les lacs. Il saura vous initier ou vous perfectionner aux techniques qui sont les plus efficaces. En sa compagnie, une journée pleine d’instants forts sympathiques vous est garantie !' et oui, c'est bien lui, le seul, l'unique. A apprendre par coeur et à lui réciter à son retour!